L'hypersensibilité

Des émotions qui débordent vite, des larmes qui viennent facilement, un bruit ou un changement qui suffit à tout bousculer : votre enfant ressent peut-être les choses avec une intensité plus grande que la moyenne. Ce n’est pas un défaut à corriger, mais un fonctionnement à mieux comprendre.

Comprendre l'hypersensibilité

L’hypersensibilité, c’est une sensibilité plus intense que la moyenne. Ce n’est pas une pathologie en soi : c’est une manière d’être au monde, que l’on retrouve chez des enfants aux personnalités très différentes les unes des autres. Chez l’enfant/ado hypersensible, les émotions ne sont jamais jouées ni exagérées volontairement : elles sont réellement vécues avec une intensité beaucoup plus forte que ce que la situation semblerait justifier pour un adulte. Une contrariété qui ferait réagir la plupart des enfants/ados modérément peut ainsi être ressentie à son maximum, et cette intensité peut se déclencher aussi bien face à une situation réelle (une dispute, un changement) que face à une histoire, un film ou un livre.

Cette sensibilité accrue touche aussi le corps : un bruit, une odeur, une lumière ou le contact d’un vêtement, perçus comme anodins par les autres, peuvent être ressentis avec une intensité, voire un inconfort réel. C’est une expérience physique, pas un caprice.

Sur le plan cognitif, l’enfant hypersensible a souvent une mémoire très précise de ce qu’il vit : il se souvient longtemps des détails, des ambiances, des sensations liées à un moment. Sa vie intérieure est riche, mais il lui est difficile, sur l’instant, de prendre du recul sur ce qu’il ressent – d’où l’intérêt de l’aider à mettre des mots sur ses émotions plutôt que de le laisser seul face à ce qui le submerge.

Face à un trop-plein de stimulations, l’enfant peut aussi se retirer dans son monde intérieur (un moment de rêverie, de silence, l’air ailleurs). Ce n’est ni du désintérêt ni de l’inattention : c’est une façon de se protéger quand l’environnement devient trop chargé pour lui. Ce mécanisme, propre à l’hypersensibilité, peut à tort faire penser à un trouble du spectre autistique, d’où l’importance d’un diagnostic bien posé.

Cette même sensibilité a aussi un revers positif, qu’il est important de ne pas perdre de vue : elle s’accompagne souvent d’une grande finesse d’empathie, d’une intuition développée, d’une créativité marquée et d’une perception aiguë des ambiances et des états des autres. L’enfant/ado hypersensible ne se résume pas à ses débordements.

Certaines manifestations de l'hypersensibilité peuvent se recouper avec un trouble du neurodéveloppement ou un profil à haut potentiel intellectuel (HPI) - d'où l'intérêt, dans certains cas, de proposer un bilan neuropsychologique pour mieux cerner ce qui se joue.

Mon accompagnement

Mon approche s’appuie sur plusieurs outils, choisis et adaptés selon l’âge de l’enfant/ado, la façon dont l’hypersensibilité se manifeste chez lui, et ce qui lui convient le mieux :

Le travail commence par clarifier avec les parents et l’enfant ce qui pose réellement question, dans quel contexte, et pour qui c’est difficile – un point de départ simple qui évite de se perdre dans les détails et qui permet de mesurer le problème tel qu’il est vraiment vécu.

Une partie de l’accompagnement se fait aussi avec les parents : repenser ensemble le cadre familial, ce qui est non négociable et ce qui peut être lâché, et surtout la qualité du temps passé avec l’enfant – un moment court mais pleinement présent compte souvent plus qu’un long moment distrait.

Avec l’enfant, le travail en séance vise à l’aider à représenter, situer et transformer ce qu’il ressent, en s’appuyant sur son imagination et sur son corps. L’objectif est une autonomie progressive, pour qu’il puisse ensuite réutiliser ces outils par lui-même, au quotidien.

 

Premier rendez-vous

C'est avant tout une rencontre : nous prenons le temps de créer le lien de confiance, la base de tout le travail qui va suivre.

Séances suivantes

Le lien continue de se construire séance après séance. Les techniques viennent en soutien, sans être au premier plan.

A la maison

Des outils simples à réutiliser au quotidien, entre les séances.

Durée indicative : la durée de l’accompagnement varie d’une personne à l’autre, selon la situation, l’intensité, et depuis quand la problématique est installée. En moyenne, prévoyez 4 à 5 séances. Pour les problématiques plus installées, l’accompagnement s’inscrit davantage dans la durée.

Rencontrons-nous

C’est en échangeant que les choses prennent tout leur sens.