Colère & agressivité
Des cris, des coups, des objets envoyés à travers la pièce, parfois plusieurs fois par jour : la colère de votre enfant vous dépasse peut-être autant qu’elle le dépasse lui-même. Une émotion tout à fait normale du développement, mais qui interroge lorsqu’elle prend toute la place.
La colère et l'agressivité : deux choses différentes
La colère est une émotion normale : Les crises de colère font partie du développement normal de l’enfant, en particulier lorsqu’il commence à construire son autonomie et à s’opposer. Certaines crises ne durent que quelques minutes, d’autres peuvent se prolonger plus longtemps. Certains enfants y sont plus sujets que d’autres, en raison d’un tempérament plus affirmatif, d’une moindre tolérance à la frustration, ou parce qu’ils sont moins à l’aise pour exprimer leur mécontentement avec des mots : la colère passe alors davantage par le corps.
Ce qui la déclenche : Une crise survient souvent lorsque l’enfant est confronté à une contrainte, doit faire quelque chose dont il n’a pas envie, se sent dépassé par un sentiment d’impuissance, de frustration ou même de peur, ou manque encore des mots pour dire ce qu’il ressent. La fatigue, la faim ou un trop-plein d’excitation abaissent aussi son seuil de tolérance. Le contexte de vie de l’enfant compte également : un divorce, une séparation, un deuil, un changement d’école… peuvent générer des émotions très fortes, dont la colère.
L’agressivité, c’est autre chose : La colère est l’émotion ; l’agressivité (crier, taper, mordre, jeter, casser) est l’une des façons dont cette émotion peut se traduire en comportement, quand l’enfant est débordé et ne dispose pas encore d’autres moyens pour la décharger. La colère elle-même n’est ni un caprice, ni un problème : c’est un ressenti légitime, qui a besoin d’être vécu et reconnu. Ce qui se travaille, ce n’est donc pas l’émotion en tant que telle, mais la façon dont elle s’exprime.
Et à l’adolescence ? La colère ne disparaît pas avec l’enfance, elle change de visage. Chez l’ado, elle est souvent liée à ce même besoin d’affirmer son autonomie et sa place, mais elle s’exprime différemment : moins par des crises visibles que par de l’irritabilité, des portes qui claquent, de l’opposition verbale, ou au contraire un repli et un silence qui en disent long. La frustration naît souvent d’un décalage entre le désir d’indépendance et les moyens encore limités d’y accéder. Elle peut aussi, comme chez l’enfant, être renforcée par ce qui se joue autour de l’ado (famille, scolarité, amitiés…).
Quand s’interroger. Certains signes méritent qu’on y prête attention : des comportements agressifs qui ne diminuent pas, voire s’intensifient sur la durée, une agressivité qui reste fréquente malgré les interventions des parents, des difficultés dans les relations avec les autres, une perte de plaisir à jouer, apprendre ou voir ses amis, ou des parents qui se sentent dépassés et ne savent plus comment intervenir.
Distinguer l'émotion du comportement change la façon d'accompagner l'enfant : il ne s'agit pas de lui apprendre à ne plus être en colère, mais à trouver d'autres façons de l'exprimer.
Mon accompagnement
Mon approche s’appuie sur plusieurs outils, choisis et adaptés selon l’âge de l’enfant/ado, la façon dont la colère et l’agressivité se manifestent chez lui, et ce qui lui convient le mieux :
Le travail consiste d’abord à aider l’enfant/ado à repérer la colère dans son corps et à la mettre en mots ou en images, pour qu’elle devienne moins envahissante. Nous cherchons ensemble des moyens concrets de la décharger sans se faire mal ni faire mal aux autres, et nous distinguons ce qui est tolérable de ce qui ne l’est pas. Un temps est aussi consacré à l’après-crise : qu’est-ce qui a aidé, de quoi l’enfant/ado a-t-il besoin pour se sentir apaisé ? Selon les situations, un temps d’échange avec les parents peut être proposé, car un enfant se construisant par imitation, la façon dont l’entourage vit lui-même la colère influence la sienne.
Premier rendez-vous
C'est avant tout une rencontre : nous prenons le temps de créer le lien de confiance, la base de tout le travail qui va suivre.
Séances suivantes
Le lien continue de se construire séance après séance. Les techniques viennent en soutien, sans être au premier plan.
A la maison
Des outils simples à réutiliser au quotidien, entre les séances.
Durée indicative : la durée de l’accompagnement varie d’une personne à l’autre, selon la situation, l’intensité, et depuis quand la problématique est installée. En moyenne, prévoyez 4 à 5 séances. Pour les situations plus installées, l’accompagnement s’inscrit davantage dans la durée.
